Exemples et enjeux pratiques
DALY : rendre visibles les maladies invisibles
La dépression, les maladies respiratoires chroniques ou les douleurs lombaires ne causent pas de décès immédiats, mais entraînent des années de handicap considérables. En 2019, la dépression était responsable d’environ 46 millions de DALY globalement, soit l’un des dix principaux déterminants du fardeau mondial (Global Burden of Disease, Lancet).
Grâce au DALY, ces pathologies sont clairement identifiées comme prioritaires, à côté des maladies infectieuses traditionnelles.
QALY : arbitrer les choix sous contrainte
Face à des budgets de santé limités, le QALY guide les arbitrages : combien investir pour sauver ou améliorer une année de vie ? Les politiques de remboursement s’appuient souvent sur cet indicateur. Par exemple :
- Un traitement pour le cancer du sein métastatique rapportant 0,6 QALY supplémentaire, mais à un coût de 80 000 €/QALY, sera moins prioritaire qu’une intervention de prévention efficace (vaccination HPV : souvent moins de 3 000 €/QALY).
Certains pays affichent officiellement leur seuil de “coût acceptable par QALY”, influençant directement l’accès à l’innovation.
Quand les deux indicateurs cohabitent
Dans la gestion du VIH ou des maladies cardiovasculaires, DALY et QALY sont combinés : l’un pour visualiser la charge totale (impact populationnel), l’autre pour évaluer l’efficience des stratégies thérapeutiques spécifiques.
Aux États-Unis, l’introduction du dépistage systématique du cancer colorectal chez les plus de 50 ans a permis d’épargner, en 2018, environ 360 000 DALYs, tout en générant des gains de QALY pour ceux traités précocement (CDC, 2020).