Les principaux indicateurs de la morbidité : définitions et apports
1. La prévalence
Prévalence = nombre de cas existants à un instant donné / population totale à ce même instant.
- Permet d’estimer la charge totale d’une maladie dans une population.
- Très utile pour planifier les besoins en soins et ressources.
- Limite : ne distingue pas les cas anciens des nouveaux cas.
Exemple marquant : La prévalence de l’asthme chez l’adulte en France est estimée entre 6 et 7% selon les études récentes (Santé Publique France).
2. L’incidence
Incidence = nombre de nouveaux cas survenus sur une période donnée / population exposée au risque pendant cette période.
- Mesure la dynamique, la vitesse d’apparition de la maladie.
- Indique le risque de contracter la maladie.
- Essentielle pour surveiller des phénomènes émergents ou des épidémies.
- Permet d’évaluer l’efficacité des politiques de prévention.
Exemple : L’incidence du cancer du sein en France était de 58 000 nouveaux cas en 2018 source.
3. La morbidité spécifique, secondaire ou évocatrice
Il s’agit d’indices plus ciblés encore :
- Morbidité spécifique : liée à une maladie ou un groupe de maladies particulier.
- Morbidité secondaire : complications, séquelles, comorbidités (ex : AVC suite à une HTA).
- Morbidité évocatrice : symptômes ne rentrant pas toujours dans les diagnostics officiels mais impactant fortement la vie (ex : douleurs chroniques, fatigue, troubles du sommeil).
À noter que face à des maladies mal diagnostiquées ou tabous (certaines maladies mentales, maladies auto-immunes), estimer la morbidité évocatrice permet de pointer le vécu et le non-diagnostiqué.
4. Durée moyenne de la maladie et durée de l’incapacité
- Combien de temps une personne vit-elle avec la maladie ?
- Combien de temps passe-t-elle en incapacité partielle ou totale ?
Le cas de la polyarthrite rhumatoïde, par exemple, illustre bien cette notion : l’espérance de vie en bonne santé peut diminuer de plusieurs années avec l’apparition précoce de la maladie (Inserm).