Pourquoi la distinction est-elle si cruciale ?
Voici la clé pour tout lecteur d’une étude ou d’un article santé : le risque relatif exprime un écart, pas la taille réelle du risque. Or, un effet spectaculaire en risque relatif peut masquer un risque absolu minuscule – ou, au contraire, minimiser un danger lorsque le risque absolu est élevé dès le départ.
Un exemple chiffré marquant
Imaginons un médicament qui double le risque de développer un effet indésirable rare :
- Chez les non-exposés, risque absolu : 1 pour 10 000 (0,01%)
- Chez les exposés, risque absolu : 2 pour 10 000 (0,02%)
- Risque relatif : 0,02/0,01 = 2.
Multiplier un risque… qui était déjà très faible. La différence absolue (0,01%) reste faible. Mais un journaliste ou un communiqué pourrait titrer : « Ce médicament double le risque ! » – sans préciser que l’augmentation réelle est 1 cas supplémentaire sur 10 000 patients.
Cas inverses : le piège du risque absolu négligé
A l’inverse, un risque relatif très modeste peut devenir majeur si le risque absolu initial est élevé. Ainsi, diminuer de 10% le risque d’infarctus chez des personnes à haut risque permet de prévenir de nombreux cas, bien plus que de diviser par deux un risque déjà très bas. Ce raisonnement fonde l’intérêt de la prévention ciblée (Assurance Maladie).