Savoir à qui l’on s’adresse : illustrations pratiques
L’exemple du vaccin contre la grippe : une stratégie ciblée
Prenons le cas du vaccin antigrippal. La population cible est généralement constituée des personnes de plus de 65 ans, des patients immunodéprimés, des femmes enceintes, ou de certains professionnels de santé (Haute Autorité de santé, 2023). Mais la population à risque regroupe ici les individus pour qui une infection grippale aurait des conséquences graves : formes sévères, hospitalisations, voire décès.
On estime, par exemple, que les personnes âgées de plus de 65 ans présentent un risque d’hospitalisation lié à la grippe multiplié par 7 par rapport à la moyenne (INVS/ Santé Publique France, 2022). La stratégie vaccinale cible délibérément ce noyau pour maximiser le bénéfice collectif et individuel.
Prévention du VIH : une différence d’échelle
Dans la lutte contre le VIH, la population cible peut s’élargir à l’ensemble des jeunes adultes, tandis que la population à risque, dans un pays donné, correspondra plus spécifiquement aux personnes ayant des rapports sexuels non protégés, aux usagers de drogues injectables ou à certains groupes exposés par leur situation socio-économique (UNAIDS, 2023).
En France, le nombre annuel de découvertes de séropositivité chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes est 200 fois supérieur à celui observé chez l’ensemble des hommes du même âge (Santé Publique France, 2022). Définir avec précision la population à risque est donc déterminant pour adapter les messages, déployer des moyens adaptés et anticiper les évolutions de l’épidémie.