Les étapes du calcul du taux d’incidence
1. Définir précisément la maladie et la population à risque
Tout commence par une définition rigoureuse du cas : s’appuyer sur des critères diagnostiques précis (cliniques, biologiques, virologiques…), publiés par l’OMS, l’ECDC ou les autorités nationales. Omettre de définir le cas peut conduire à de graves erreurs d’interprétation.
- Cas index : Premier cas détecté dans la région.
- Cas incident : Tous les nouveaux cas répondant à la définition pendant la période étudiée, dans la zone géographique ciblée.
Par exemple : lors du suivi de la dengue à La Réunion, la délimitation de la population exposée (quartier touché, commune, île) est fondamentale car toutes les parties de la région n’ont pas la même exposition (Santé Publique France – Dengue).
2. Choisir la période d’observation
La durée doit correspondre à la dynamique de la maladie. Sur un pic épidémique, une semaine suffit parfois ; pour une maladie chronique ou à évolution lente, une année peut être plus pertinente. Toujours préciser la période, qui structure l’interprétation du taux final.
3. Recueillir les données
- Se rapprocher d’un système de surveillance fiable : agences régionales de santé, Cire (cellules de Santé Publique France), réseaux sentinelles, etc.
- Compléter par des registres, signalements sanitaires, enquêtes actives, bases de Système National des Données de Santé (SNDS)…
Des biais majeurs peuvent intervenir si certains cas — paucisymptomatiques, non diagnostiqués, non signalés — ne sont pas recensés. Par exemple, pour la COVID-19, Santé Publique France estimait que le nombre de cas diagnostiqués ne représentait qu’une fraction des infections réellement survenues, surtout lors des premières vagues (Santé Publique France – COVID-19).
4. Calculer selon la formule standardisée
Formule universelle :
- Taux d’incidence = (Nombre de nouveaux cas pendant la période / Population à risque pendant la période) × 100 000
Ce chiffre est souvent multiplié par 1 000, 10 000 ou 100 000 pour permettre une comparaison claire, quelle que soit la taille de la population étudiée.
Exemple réel : pour une région de 250 000 habitants comptant 300 nouveaux cas de grippe sur une semaine :
- Taux d’incidence hebdomadaire = (300/250 000) × 100 000 = 120 cas pour 100 000 habitants.
Ce chiffre est particulièrement précieux pour comparer avec les seuils d’alerte fixés par les autorités sanitaires (par exemple : le seuil de 150 cas pour 100 000 en grippe saisonnière alerte les ARS sur le risque de surcharges hospitalières).