Les déterminants sociaux de la mortalité : plus qu’une question de chance
Le niveau socio-économique (NSE) regroupe l’ensemble des facteurs qui déterminent la position sociale d’un individu : revenu, niveau d’éducation, profession et conditions de vie. Dès les premières analyses historiques, la médecine sociale du XIXe siècle (notamment grâce à Louis-René Villermé) observait déjà de fortes disparités de mortalité selon le niveau de richesse des quartiers parisiens.
Au XXIe siècle, l’évidence est encore plus nette, chiffres à l’appui. En France, un homme ouvrier de 35 ans peut espérer vivre, en moyenne, près de 6,4 années de moins qu’un homme cadre du même âge (INSEE, 2023). Chez les femmes, cet écart, bien que moindre, reste significatif : 3,2 années d’espérance de vie séparent les ouvrières des cadres.
Pourquoi de tels écarts ? Les explications sont plurifactorielles, fruit d’une mécanique complexe :
- Les conditions de travail : exposition aux risques physiques, chimiques et psychosociaux
- L’accès aux soins et à la prévention, souvent moins favorisé dans les milieux précaires
- Les habitudes de vie, façonnées par le capital culturel et les contraintes économiques : alimentation, activité physique, consommation de tabac ou d’alcool
- L’environnement social et résidentiel, qui expose différemment à la pollution et à la précarité énergétique