Les territoires : des clivages ancrés à toutes les échelles
À l’échelle mondiale, on observe naturellement des écarts massifs d’espérance de vie entre pays du Nord et pays du Sud. Mais même en France ou en Europe, la géographie laisse son empreinte.
Du nord au sud, des inégalités qui traversent la carte
- En France métropolitaine, la région Île-de-France détient l’espérance de vie la plus élevée (près de 84 ans, femmes et hommes confondus), tandis que les Hauts-de-France sont en bas du classement, avec une espérance de vie inférieure à 81 ans en moyenne (INSEE).
- À la Réunion ou en Guyane, cette moyenne est inférieure de 3 à 4 ans à celle de la France hexagonale (INSEE, 2021).
- À l’échelle européenne, l’écart d’espérance de vie entre les pays baltes et la Scandinavie dépasse 10 ans (Eurostat).
Ruralité, urbain, proximité des soins : des facteurs cumulés
Les habitants des zones rurales vivent, eux aussi, une réalité spécifique : l’accès aux soins, aux services publics ou aux réseaux de transports peut s’avérer plus difficile, affectant le suivi médical, la prévention et l’accompagnement du vieillissement. La "désertification médicale", qui touche particulièrement certaines zones rurales ou périurbaines françaises, est régulièrement pointée comme facteur aggravant.
Dans les métropoles, c’est parfois l’inverse : la densité médicale masque difficilement les inégalités entre arrondissements, quartiers « aisés » et quartiers prioritaires, où la pollution, les conditions de logement ou l’accès à la santé mentale creusent l’écart (CNAM, 2023).