MONICA, une mine de données : enseignements et résultats marquants
Des tendances contrastées en Europe et dans le monde
MONICA a confirmé et détaillé la baisse impressionnante de la mortalité cardiovasculaire en Europe occidentale, tout en mettant en lumière des réalités très différentes à l’est de l’Europe et dans d’autres régions.
- En Finlande, la baisse des décès par infarctus du myocarde a dépassé 50% entre 1980 et 2000 (MONICA/Kuusamo study, OMS).
- Dans certaines régions de l’ex-URSS, l’incidence restait stable ou augmentait, malgré quelques efforts de prévention.
- La France s’est distinguée — déjà ! — par un taux de mortalité plus faible, le fameux « French Paradox » (catégorisé notamment à Lille, un des centres emblématiques MONICA).
Les facteurs de risque expliquent seulement la moitié de la baisse
Un des apports les plus cruciaux du projet : la démonstration que l’amélioration des facteurs de risque (baisse du tabac, du cholestérol, contrôle de l’hypertension) n’expliquait qu’environ 50% de la baisse de la mortalité cardiovasculaire. L’autre part ? Elle revient à la prise en charge médicale (amélioration des soins en phase aiguë, essor de l’angioplastie, diffusion des traitements antithrombotiques, etc.).
- Amélioration des facteurs de risque : -30% environ (selon le centre et la période)
- Progrès médicaux et soins : -20 à -30% supplémentaires
(Source : WHO MONICA Project Manual)
Un impact déterminant sur les politiques de prévention
Les résultats du registre ont servi de base scientifique majeure pour la conception de nombreuses stratégies nationales et européennes de prévention cardiovasculaire. Plusieurs pays ont choisi d’intégrer les mesures issues de MONICA dans leurs plans de lutte contre les MCV, adaptant recommandations alimentaires, campagnes anti-tabac ou dépistage de masse.