Pourquoi la létalité fascine-t-elle autant ?
Quelques chiffres frappants suffisent à illustrer le poids de cet indicateur. Prenons l’épidémie de grippe espagnole (1918-1919) : le taux de létalité oscillait entre 2 et 10 % selon les sources et les contextes, à comparer à la grippe saisonnière contemporaine (autour de 0,1 %). Pour Ebola (2014-2016, Afrique de l’Ouest), la létalité dépassait parfois 70 %, alors que celle du COVID-19, selon les estimations initiales, variait de 2 à 5 % dans les cas détectés (OMS).
- Pendant la vague Omicron en 2022, certains pays ont vu leur IFR COVID-19 tomber à moins de 0,5 %, tandis qu’au début de la pandémie, les CFR dépassaient fréquemment 3 % (Our World in Data).
- À titre de comparaison, le VIH sans traitement a un IFR proche de 100 % à long terme.
Ces chiffres montrent bien que la létalité n’est pas seulement un repère scientifique. Elle structure la hiérarchie des menaces perçues, guide les arbitrages et peut influencer le choix des mots employés par les décideurs. Elle frappe l’imaginaire collectif, modélise la peur ou la résilience face à l’inconnu.