L’utilité de la létalité pour la santé publique : décryptage
Prioriser et dimensionner la réponse en cas d’urgence
La létalité guide l’alerte et la gestion de crise. Un taux élevé peut mobiliser des ressources exceptionnelles : mise en place d’unités spécifiques, accélération de la recherche, campagnes de prévention immédiates.
- Pendant la canicule de 2003 en France : la létalité des patients hospitalisés pour coup de chaleur dépassait les 60% (INSERM).
- La rougeole, longtemps considérée bénigne, a retrouvé une létalité (entre 1 et 3 pour 1000 cas en Europe de l’Ouest) lors du relâchement de la couverture vaccinale (ECDC).
Un outil pour mesurer l’efficacité des soins
Comparer la létalité avant et après la mise en place de traitements ou de protocoles améliore l’évaluation des systèmes de santé. Les infarctus du myocarde : la létalité hospitalière avant l’essor de la thrombolyse dépassait 15% dans les années 1970, alors qu’elle est aujourd’hui autour de 5% dans les pays à haut revenu (OMS).
Hiérarchiser les menaces épidémiques et adapter la communication
Les autorités sanitaires jonglent entre “contagiosité” (nombre de nouveaux cas générés) et “létalité” (gravité du risque). Un microbe peu létal mais très contagieux (grippe saisonnière : 0,1% de létalité environ, mais des dizaines de milliers de décès chaque année en Europe) nécessite une tout autre stratégie de communication qu’un pathogène très létal mais peu transmissible (MERS-CoV : létalité ≈ 34%, mais très faible contagiosité, ECDC).