Exemples concrets : adapter la méthode au contexte
1. Surveillance d'une épidémie émergente : l’exemple du COVID-19
En situation de flambée épidémique, la réactivité et la robustesse sont clés. Les premières semaines de la pandémie de COVID-19 ont illustré la valeur des enquêtes transversales de prévalence — à l’exemple des études séro-épidémiologiques menées en France (Santé publique France, 2020). Rapides à mettre en place, elles ont permis d’estimer la circulation silencieuse du virus et de calibrer les réponses sanitaires. Mais pour comprendre les facteurs de diffusion ou l’évolution temporelle, des cohortes ont vite été nécessaires, comme la cohorte CONSTANCES : un suivi longitudinal pour relier les données cliniques, sociales et environnementales.
2. Études cas-témoins : comprendre les facteurs d’une maladie rare
Prenons la maladie de Creutzfeldt-Jakob, dont l’incidence annuelle frôle 1 pour 1 million (INSERM, 2022). Les études de cohorte seraient intenables compte tenu du faible nombre de cas. L’approche cas-témoins s’est révélée déterminante pour démêler les facteurs d’exposition et tenter d’enrayer les épidémies, comme dans l’affaire du “vache folle” au Royaume-Uni (BMJ, 2000).
3. Approches qualitatives et mixtes : évaluer l’acceptabilité vaccinale
Les questions d’hésitation vaccinale, d’adhésion aux gestes barrières, ou de compréhension des messages de prévention nécessitent souvent d’aller au-delà des chiffres, d’écouter les discours, comprendre les logiques individuelles et collectives. L’approche qualitative (entretiens semi-directifs, groupes focus) déployée par l’ANRS lors de la campagne contre la méningite à Neisseria meningitidis C dans le Sud-Ouest, a éclairé des résistances inattendues, là où les données quantitatives étaient impuissantes à expliquer l’inertie locale (ANRS, 2019).