Défis et pièges de la mesure du taux de mortalité infantile
Un rapport au temps parfois trompeur
La mortalité infantile est généralement calculée chaque année, mais elle agrège en réalité des événements survenus au cours de l’année N. Par conséquent, les décès enregistrés chaque année peuvent concerner des enfants nés l’année précédente, brouillant parfois la comparaison d’une année à l’autre, particulièrement dans les zones à faible niveau d’enregistrement de l’état-civil (Population, 2004).
Mort-nés, vivants ? La subtilité des définitions
La distinction entre naissances vivantes et mort-nés est essentielle. L’OMS définit la naissance vivante comme l’expulsion du produit de la conception montrant un signe quelconque de vie, quels que soient la durée de la gestation ou le moment de la coupure du cordon. C’est une subtilité car, dans certaines régions du monde, la déclaration des mort-nés peut être sous-déclarée voire assimilée à des décès néonataux précoces.
Principaux biais
- Déficit d’enregistrement : dans les régions rurales ou défavorisées, il n’est pas rare que les naissances (et surtout les décès) ne soient pas déclarées, sous-estimant artificiellement le taux réel.
- Biais de survie : si l’enregistrement est rétrospectif (par enquête), les décès très précoces (au cours des premières heures, voire des premiers jours) peuvent être oubliés par les familles ou sujets à des tabous sociaux.
- Migration : le déplacement des familles peut fausser la territorialisation des indicateurs, notamment dans les pays connaissant un exode rural accéléré.