Le taux standardisé : l’ajustement pour comparer l’incomparable
Le taux standardisé est utilisé pour neutraliser l'effet des différences de structure démographique (âge, sexe...) entre plusieurs populations. La standardisation rend possible la comparaison de plusieurs groupes ou périodes, indépendamment de leur composition démographique.
- Exemple : Comparer la mortalité cardiovasculaire entre la Suède et le Nigeria, deux pays aux structures d’âge radicalement différentes.
Comment fonctionne la standardisation ?
Il existe plusieurs méthodes, la plus connue étant la standardisation directe :
- On choisit une population de référence (réelle ou fictive, appelée “population standard”).
- On applique à cette population de référence les taux spécifiques de mortalité de chaque population à comparer.
- On obtient des taux “standardisés” rendant possible la comparaison directe, car ils répondraient à la question : “Que se passerait-il si chaque population observée avait la même structure que la population standard ?”.
Les organismes internationaux utilisent fréquemment la population mondiale standard proposée par l’OMS depuis 2000 [OMS].
Un exemple concret : mortalité par maladies cardiovasculaires
Considérons deux régions :
- La Région A, à la population jeune, affiche un taux brut de mortalité par maladie cardiovasculaire de 100 pour 100 000.
- La Région B, à la population âgée, affiche un taux brut de 150 pour 100 000.
À première vue, la Région B semble plus touchée. Pourtant, après standardisation par âge, le taux de la Région B s’établit à 90 pour 100 000, contre 110 pour la Région A. L’apparent excès de mortalité dans la Région B était donc simplement dû à sa population plus âgée.
Selon les estimations de l’INSEE, en France, la mortalité toutes causes confondues en 2019 (taux standardisé sur la population européenne 2013) était de 862/100 000 hommes contre 571/100 000 femmes, loin des taux bruts respectifs (1127 et 789/100 000) [INSEE].