Les obstacles majeurs rencontrés par les chercheurs indépendants
Bouclier réglementaire et complexité administrative
L’accès à des données hospitalières, de par leur nature sensible, est strictement encadré par le RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données), des lois nationales (notamment la loi Informatique et Libertés) et des dispositifs spécifiques (CNIL, Comité éthique, etc.). Pour les chercheurs indépendants, ces étapes administratives peuvent se transformer en véritable labyrinthe :
- Autorisation CNIL : Dépôt de protocoles précis, évaluation éthique obligatoire, lourdeur des expertises techniques.
- Justification scientifique : Nécessité de démontrer l’intérêt public majeur du projet.
- Capacité logistique : Preuves de sécurisation des données, hébergement agrée (HDS), formation à la gestion des données de santé sensibles.
Cette dimension administrative, pensée pour protéger les patients, finit souvent par exclure les structures de taille modeste et les chercheurs solo, qui disposent rarement de cellules juridiques ou d’équipes DPO (Data Protection Officer).
Coût et accès aux infrastructures adéquates
L’accès aux données n’est pas gratuit :
- La mise à disposition des données (anonymisation, extraction, formatage) est facturée plusieurs milliers d’euros.
- L’hébergement sécurisé (demandé par la plupart des bases) coûte entre 2 000 et 10 000 € par an – un budget significatif pour une équipe indépendante.
Ce coût exclut de facto nombre de porteurs de projets hors des grandes institutions.