Alternatives méthodologiques pour combler les vides
L'absence de source nationale exhaustive n'est pas une fatalité. Diverses méthodes, parfois complémentaires, sont employées à l’échelle internationale. Tour d’horizon de ces solutions – avec, pour chacune, leurs atouts et limites.
1. Les enquêtes de terrain et études transversales ciblées
Quand le registre national n’existe pas ou n’inclut pas la population d’intérêt, l’enquête ad hoc reste la solution reine :
- Enquêtes ménages : utilisé par l’INSEE ou Santé publique France pour pallier l’absence de registre sur certains problèmes de santé. Ex : Baromètre santé, Enquête Handicap-Santé (4).
- Échantillonnage ciblé : recrutement via écoles, lieux de travail, ONG, communautés religieuses, réseaux sociaux.
- Mobilisation associée à la navigation communautaire : approche participative chez les populations marginalisées, gages d’une meilleure représentativité et d’un taux de réponse relevé.
Mais… Ces enquêtes sont chronophages, coûteuses et exposées au biais de non-réponse. Il faut une planification solide, un protocole rigoureux, et une analyse critique des redevabilités.
2. Données issues du secteur médico-social, de la recherche et d’organisations professionnelles
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Registres locaux ou spécialisés : certains territoires disposent de registres sous-régionaux (ex : registres régionaux des cancers en France, e.g. FRANCIM). Ces données comblent (partiellement) les angles morts nationaux (5).
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Base clinique ou administrative institutionnelle : dossiers hospitaliers, bases Assurance Maladie (SNIIRAM), réseaux de soins (6).
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Données collectées par la recherche académique : cohortes existantes, études longitudinales démarrées localement/par thème. Exemple : la cohorte Constances ou ELFE en France.
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Surveillance syndromique ou active : notifications volontaires par les professionnels sentinelles (réseau Sentinelles de l’INSERM) (7). Méthode efficace pour de nombreuses maladies infectieuses et syndromes non inclus dans les circuits classiques.
3. Exploitation des sources non traditionnelles
- Données administratives “secondaires” : fichiers de l’état civil, déclarations sociales, bases scolaires ou justice… utilisées comme proxy d’événements de santé (8).
- Technologies émergentes : croisement des big data, recueil via smartphone (applis santé, wearables), exploitation des réseaux sociaux pour détecter signaux précoces (ex : Google Flu Trends dans le passé aux États-Unis) (9).
- Registres étrangers comportant des migrants ou des participants plurinationaux: utile en cas de pathologies rares ou ultra-spécifiques.
Un mot clé : validation. Ces “données alternatives” nécessitent d’être croisées, évaluées, toujours interrogées sur leur origine, leurs biais structurants et leur complétude.